Bien-être

Vouloir transmettre une passion a quelque chose à voir avec la nécessité de fidélité à l’expérience d’un sentiment premier face à cette expérimentation. Ainsi j’aime me rappeler les premières fois. Lorsqu’il s’agit d’expérience exceptionnelle, elles nous conduisent souvent sur un long chemin. Lors de mes premières séances de yoga, tout me paraissait magique ! « Magique », tant je n’arrivais à décrire le bonheur de découvrir la vie à l’intérieure de moi. Je n’y connaissais rien et méconnaissait tous les bienfaits de la respiration et des asanas.

Je découvrais ce que signifiait d’avoir un corps. Derrière la peau, un espace intérieur avec des organes qui vivent et vibrent au rythme du souffle. Je découvrais un monde. Le ventre se gonfle à l’inspiration et se creuse à l’expir. La prise de conscience de cette intériorité, l’espace se créé. J’imaginais le battement du coeur, le pouls, j’imaginais mon réseau sanguin et lymphatique, et la distribution d’un sang clair, chargé d’oxygène, d’énergie. Je me représentais quelques organes nourris, propres, lisses et nettoyés. Ma prof de l’époque donnait le minimum d’informations, elle nous indiquait des postures et des alignements et voilà tout ce que cela me procurait. Magique !

Je prenais conscience que dans mon corps, il y avait un paysage. Des espaces plus ou moins grands. Des volumes lourds et aqueux, d’autres plus creux.

Il y avait des obstacles. Dans l’articulation de la hanche, c’était douloureux. Je me disais :  » Vas-y, force, tu vas y arriver « ! Et je me crispais, insatisfaite, en guerre contre mes rugosités. Plus tard, j’ai appris à lâcher prise, à respirer plus intensément, sans forcer.
Puis il y avait des espaces de grande souplesse où l’étirement était agréable et j’avais envie d’y rester : quel plaisir d’être là ! Jouissance de respirer et sentir un muscle, un tendon qui s’assouplit et permet au corps de se courber, à l’énergie de circuler !

Je me représentais une lumière claire, qui donnait une tonalité rouge orangée à tout mon corps, une tonalité chaude et limpide. Qui donne envie d’y rester, comme une sieste au soleil où on entrevoit la lumière derrière la paupière.

A la fin de la séance, quand j’ouvrais les yeux, tout s’éteignait. Mon corps redevenait obscur, fonctionnel, un support. Même si je tirais un grand bien-être des respirations effectuées, où les frontières de mon corps s’étaient étendues, je détestais revenir au monde réel.

 

Alors oui, il me fallait la séance de yoga pour replonger dans mon monde intérieur, coloré, chaud et plein de vie.

J’ai eu peur en faisant ma première formation de professeure de yoga d’obtenir beaucoup d’informations et découvrir comment fonctionne le corps, comment fonctionnent les asanas, la respiration et perdre cette fascination.

En réalité, elle est là à chaque instant. Peu importe la connaissance, cette magie c’est le souffle éprouvé à l’intérieur de soi, c’est l’énergie du corps qui se déclenche grâce à la respiration. C’est la vie ! Un ressenti éclatant que la connaissance ne peut affecter.

Mon espace intérieur, après toutes ces années, reste bien coloré, chaud, agréable. Je ne suis plus autant dans la contemplation de ces premières découvertes (quoique … un nouveau cours, un nouveau prof peut me surprendre et je retrouve une sensation nouvelle !). Mon corps est devenu un refuge où j’aime me retrouver le plus souvent possible, arrimée à moi-même, globale. Je ressens l’énergie qui circule. Mon cerveau prend une place plus modeste dans mon crâne et c’est de tout mon être que j’avance dans la journée. J’ai la sensation d’être pleine, et énergique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Publier des commentaires