Femme

Qu’est-ce qu’être femme?

Pendant longtemps je n’ai pas trouvé de réponses à cette question.

Est-ce que je cherchais réellement? D’aussi loin que je me souvienne, mon corps d’enfant, avant les grands changements, était fort. Je me sentais forte, joyeuse. J’admirais les hommes et je voulais être un homme. Je n’avais que des copains. La sagesse des filles de mon entourage m’ennuyait à mourir !!!

Alors je fonçais dans la vie avec ces désirs :

Me sentir forte et vouloir retrouver ce corps d’enfant. Un corps androgyne. Celui du temps de l’enfance. Puis les formes arriver. Être fière d’avoir des seins. Sentir un nouveau désir bouleversant au fond du ventre. Une fois par mois, le plaisir gâché par le bas ventre qui tire et qui gonfle et les premiers sangs arriver. Ressentir du dégoût et de la douleur et refuser cela. Vouloir retrouver un corps androgyne. Me couper de ces moments de sangs. De cette sensation d’humidité, de ces moments où l’humeur change. Où je suis plus vulnérable. Me couper de ça et vouloir être comme un homme. Passer des années à chercher un corps sans forme et sans contraintes. Dans le plaisir incessant.

Puis de longues années plus tard, en avoir marre de sentir un découpage à l’intérieur de moi.

Vivre à côté de qui je suis réellement et en accord avec des images préfabriquées dans l’enfance. Accepter doucement de « coller » à moi. Sentir enfin comme une douceur qui vient de loin. Lui faire une place. Découvrir un paquet d’amour enfoui là. Le laisser émerger et sentir soudain un besoin d’ouvrir mon coeur. Suivre cette voie là. Ressentir à nouveau de la joie. Vivre avec cet amour et être enceinte. Se sentir prête enfin à porter un autre en moi. Prêter mon corps à un petit être. Me partager. Partager mon corps, mes tissus, mes émotions… Le nourrir de l’intérieur de nutriments et d’amour. Tirer un trait sur le corps d’avant, le corps dansant, fort, actif. Faire l’expérience du repos, de la douceur, de l’attention à l’autre en moi. Voir défiler toutes les femmes de la famille, qui sont inscrites ici et là et qui se débattent ensemble à l’intérieur de ma propre chair. Cataclysme ! Être bouleversée. A la fois tant attachée à ce petit être qui se développe là dans le ventre et à la fois en lutte avec celles qui étaient là avant moi. En transformation profonde. Parfois en joie et en désir intenses, d’autres fois en cris et en pleurs. Vivre cette transformation dans la chair comme un rite initiatique, comme un bouleversement profond.

Savoir que je ne serai plus jamais comme avant, j’ai des seins énormes, le ventre gonflé, le bassin élargi. Je me créée, comme femme. Ça se passe malgré moi. Suivre le flow douloureux de mon corps fatigué et en pleine transformation.

Les premières contractions !

Puis celles très fortes qui font craquer au plus profond de moi. Douleur intense. Pousser un râle que je ne me connaissais pas. Plus d’air. Saisissant. Et puis plus tard, la libération. La naissance. L’amour. L’euphorie d’amour. Les hormones. La joie malgré le sommeil et les inquiétudes. Et ça ne s’arrêtera plus jamais. Toujours cet amour sera là. Ma fille sera ma source de joie et d’inquiétude. Et me voilà maman. Aimer d’une saveur que je ne connaissais pas.

Et doucement retrouver de la force dans le bassin et dans le ventre.

L’envie de danser, l’ondulation dans les hanches et dans la colonne. Le serpentin tout au long de la colonne. La légèreté dans le corps et dans les bras, tel un oiseau. Danser et laisser la musique jouer avec le corps. Laisser la musique pétiller. Toutes les cellules vibrer et y répondre. Se perdre un instant dans l’envoûtement d’une danse.

Faire l’expérience du plaisir, de la fluidité, de l’harmonie, d’un sentiment de la beauté. Retrouver un corps de sensualité.

Penser à toutes ces femmes avant moi. Le souvenir marquant lors d’une escapade en Inde, dans les montagnes. Être tombée sur cette piscine naturelle, adossée à la montagne, en contrebas d’un petit temple et toutes ces femmes en sari colorées se baigner le visage, les cheveux, rire, parler, s’amuser avec une joie visible. Rencontre insolite et puissante de femmes qui profitent du plaisir de l’eau et de la sororité, comme si elles fêtaient cela depuis des milliers d’années…

Oser sentir. Écouter mon corps: ne pas me fermer aux messages qu’ils m’envoient. Réaliser ce qui me tient à cœur. Cultiver la douceur. Vivre ma joie et mon plaisir dans le corps que j’habite. Oser créer, inventer ma vie. Aussi controversée qu’elle puisse être. Réaliser mes ambitions. J’entends souvent une petite voix me répéter ce que j’ai beaucoup entendu: « ce n’est pas comme ça que… ». Fermer les oreilles à cela et poursuivre mon instinct. M’aimer.

Que faut-il pour « être femme » ? Naître avec un sexe féminin. S’accepter. Et Vivre Sa Vie.

2 Commentaires

  1. Magnifique ton histoire à devenir et accepter d’être femme! Je reconnais un peu de moi même dedans quand j’étais jeune, entouré que par des frères !
    Ilse

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